Ferrari en Formule 1, monoplace rouge sur circuit

1950 —  ·  Scuderia Ferrari

La
Scuderia

Je n'ai pas encore fini.

L'épopée

1950 — 1962

5
Titres Pilotes
Ascari 1952 · 1953 · Fangio 1956 · Hawthorn 1958 · Phil Hill 1961
1
Titre Constructeurs
1961 — la première année que ce trophée existait vraiment
47+
Victoires en GP
En douze saisons de guerre sur asphalte
12
Ans en F1
La seule équipe engagée depuis le premier championnat, 1950

Le Sang de Ferrari

Ma Guerre

Quand le championnat du monde de Formule 1 a été créé en 1950, je n'ai pas vu un sport. J'ai vu la guerre la plus pure qui soit — celle de l'intelligence contre l'intelligence, de l'acier contre l'acier, de la volonté contre la mort. J'ai engagé la Scuderia sans hésiter.

Je ne me déplace pas sur les circuits. Je dirige depuis Maranello. Les téléphones, les télex, les rapports que mes ingénieurs m'envoient dans les minutes qui suivent chaque course. Je vois tout par procuration. Certains disent que c'est de la faiblesse. C'est de la discipline. Un général ne combat pas au front.

Chaque monoplace qui quitte mon usine est une partie de moi-même que j'envoie mourir ou vaincre. Je ne construis pas des voitures de course. Je construis des arguments. Des preuves que Maranello est capable de concevoir ce que personne d'autre ne peut concevoir.

La F1 est le banc d'essai le plus cruel du monde. Un moteur qui dure deux heures sur circuit vaut cent moteurs qui durent dix ans sur route. C'est le seul banc qui compte.
Enzo Ferrari dans les stands lors d'un Grand Prix L'usine Ferrari à Maranello, années 60

Les Victoires

Cinq Champions

1952 — 1953
Alberto Ascari — Double Champion

Mon pilote. Fils d'Antonio Ascari que j'avais connu avant la guerre. Alberto a dominé 1952 et 1953 avec une régularité qui tenait du prodige. Je savais, en le regardant conduire, que certains hommes sont nés pour ça et pour rien d'autre.

1956
Juan Manuel Fangio — Le Maître

J'ai prêté une Ferrari à Fangio pour la saison 1956. On ne refuse pas à un maître le meilleur instrument disponible. Il a été champion. Ce titre est à Ferrari autant qu'à lui — une monoplace Maranello sous ses mains d'argent.

1958
Mike Hawthorn — Le Gentleman

Un Anglais flamboyant, nœud papillon sur sa combinaison, bière à la main après la course. Premier champion britannique de l'histoire. Il m'a annoncé sa retraite en décembre 1958. Il est mort en janvier 1959 dans un accident de route banal. La course protège parfois mieux que la vie ordinaire.

1961
Phil Hill — Le Premier Américain

Avec la 156 Sharknose, j'avais la meilleure voiture du plateau. Phil Hill a été champion. Premier Américain de l'histoire à décrocher la couronne. La même saison, mon équipe a remporté le premier titre constructeurs de l'histoire du championnat. Deux couronnes en un an. Ça ne suffit jamais.

Quand je gagne une course, je pense immédiatement à la prochaine. Quand je perds, je ne pense qu'à celle que je viens de perdre. Je ne suis jamais tranquille. C'est ça, être constructeur. — Enzo Ferrari, Maranello, 1962

Les Hommes que j'ai choisis

Les Pilotes

Je ne recrute pas des pilotes. Je les choisissais. Certains m'ont déçu. Certains sont morts dans mes voitures. Aucun ne m'a laissé indifférent.

Alberto Ascari, double champion du monde Ferrari
Alberto Ascari
Champion 1952 · 1953
Son père Antonio était pilote avant lui — je l'avais connu. Alberto avait hérité du don et aussi, je crois, du destin. Double champion consécutif. Il est mort en 1955 à Monza, quatre jours après être sorti vivant d'un accident à Monaco. Certains hommes ne peuvent pas vivre sans courir.
Juan Manuel Fangio sur Ferrari, champion du monde 1956
Juan Manuel Fangio
Champion 1956 sur Ferrari
Je lui ai prêté la D50 pour la saison 1956. On ne discute pas avec un homme de ce calibre — on lui donne la meilleure machine et on regarde travailler. Cinq titres mondiaux en tout. Il reste, à mes yeux, le plus grand pilote que j'aie jamais observé.
Mike Hawthorn en combinaison Ferrari, champion 1958
Mike Hawthorn
Champion 1958
Blond, élégant, nœud papillon sur sa combinaison de course. Anglais jusqu'au bout des doigts. Il a gagné le titre avec un point d'avance sur Stirling Moss. Il m'a annoncé sa retraite en décembre 1958. Il était mort en janvier. La route ordinaire l'a tué là où les circuits ne l'avaient pas réussi.
Phil Hill, champion du monde Ferrari 1961
Phil Hill
Champion 1961
Américain, mécanicien dans l'âme, musicien à ses heures. Il entendait les moteurs autrement. Avec la 156, il a décroché le titre — et Ferrari a remporté simultanément le premier trophée constructeurs de l'histoire. Monza 1961. Un jour que je n'oublierai pas.

Et aussi : Luigi Villoresi, Piero Taruffi, Wolfgang von Trips — mort à Monza en 1961, le même jour que le titre de Phil Hill. La victoire et le deuil, mêlés. C'est toujours ainsi.

Les Machines

Douze ans d'acier

Ferrari 125 F1, 1950
1950
Ferrari 125 F1
La première. V12 de 1,5 litre avec compresseur, 230 chevaux. Villoresi et Ascari. On apprenait encore. On gagnait déjà.
Ferrari 500 F2, Alberto Ascari, 1952–1953
1952 — 1953
Ferrari 500 F2
La voiture des deux titres d'Ascari. Aurelio Lampredi l'a conçue — quatre cylindres de deux litres, atmosphérique, 185 chevaux. Une domination totale : nous avons gagné pratiquement toutes les courses.
Ferrari 375 F1, 1951
1951
Ferrari 375 F1
V12 de 4,5 litres sans compresseur, 380 chevaux. Première victoire Ferrari en Formule 1, à Silverstone en juillet 1951, avec Froilán González. Le Pampas Bull qui a battu Alfa Romeo pour la première fois.
Ferrari D50, Juan Manuel Fangio, 1956
1956
Ferrari-Lancia D50
J'ai repris la D50 de Lancia après leur retrait. Mes ingénieurs l'ont développée. Fangio l'a pilotée au titre. Une machine hybride, née d'une autre maison, perfectionnée par la mienne. Le résultat est Ferrari.
Ferrari 246 Dino, Mike Hawthorn, 1958
1957 — 1960
Ferrari 246 Dino
Je l'ai appelée Dino, comme mon fils. Alfredo — dit Dino — m'a quitté en 1956. Ce moteur V6, il l'avait conçu avec Vittorio Jano avant de mourir. La 246 porte son nom dans chaque course. Elle a donné le titre à Hawthorn en 1958.
Ferrari 156 Sharknose, Phil Hill, 1961
1961 — 1962
Ferrari 156 Sharknose
La plus belle monoplace que j'aie jamais construite. Double prise d'air frontale — les Anglais l'ont appelée la « gueule de requin ». Moteur V6 arrière. En 1961, elle a tout dominé. Phil Hill champion. Ferrari constructeur champion. Puis en 1962 les Anglais ont rattrapé leur retard. La guerre continue.

1962 —

Pas encore
fini.

La saison 1962 se termine. Les Anglais ont construit des châssis monocoques que je refuse encore de voir supérieurs aux miens. BRM et Lotus me talonnent. Coventry Climax progresse.

Je retourne à Maranello. Mes ingénieurs m'attendent. Il y a un nouveau moteur sur la table. Il y a toujours un nouveau moteur sur la table. La F1, je ne l'ai pas encore finie.

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